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Devoir de Mémoire en Allemagne, une
initiative originale : Les Stolpersteine.
Les Stolpersteine sont de petits pavés cubiques de 10x10x10 cm
recouverts d’une plaque de laiton. Ils sont insérés dans le trottoir devant les
maisons où habitaient des victimes du nazisme avant leur arrestation. Chaque pavé porte le nom, l’année de naissance, la date de la
déportation, le lieu et la date de décès. Ainsi chaque pavé représente la
douloureuse histoire de la victime et l’accusation envers ceux qui s’en sont
rendus coupables. La connaissance abstraite de l’holocauste devient soudain
réalité.
Sur les 14 000 pavés implantés en Allemagne, 77 ont été posés à Trèves depuis l’année 2000. Leur nombre est encore bien faible comparé aux millions de victimes, mais le long travail de recherche se poursuit, financé par des municipalités, de nombreuses associations et des parrainages. Celui qui voit un tel pavé, trébuche peut-être dessus. Puisse-t-il s’arrêter un instant pour réfléchir. Klaus Jensen, maire de Trèves souligne que « cultiver le souvenir des victimes du nazisme est un devoir à double objectif : garder la mémoire des êtres arrachés à la vie par la barbarie politique et conscient de ce savoir, construire un avenir respectueux de l’humanité. »
(extrait d’une
brochure éditée par le groupe de travail Frieden de Trèves, communiqué et
traduit par Jeannette Wackermann)
Lettre de Philippe Wilmouth envoyée le 10
mai 2009 à Monsieur Philippe LEROY, président du Conseil Général. Objet :
« Mur des noms » « Je
me permets d’attirer votre attention sur une initiative allemande concernant la
mémoire des noms des victimes du nazisme. Alors
qu’on constate depuis un certain temps un net désintérêt pour les cérémonies
aux monuments aux morts qui fixent dans la pierre de toutes les communes de
France les noms des victimes des guerres, cette initiative me paraît à bien des
égards plus pertinente que le projet de « Mur des noms » initié par
le Conseil Général. En effet, le « Mur des noms » équivaut à un monument
aux morts départemental « désenraciné », artificiel, qui plus est,
dédié aux seuls militaires et immanquablement voué à polémique quant aux
critères de sélection des catégories de victimes et aux oublis inévitables. Le
« Mur des noms » ne répond à aucune nécessité mémorielle et n’est à
l’évidence pas un outil pédagogique de nature à expliquer les spécificités de
l’Histoire troublée de la Moselle entre 1870 et 1945; d’autant que des
catégories de victimes spécifiquement mosellanes comme les évacués ou les
expulsés assassinés par les nazis et les PRO n’apparaissent pas dans le projet.
Un « Mur des noms » pour quoi faire ? Pour qui ? Avec
les informations déjà collectées par vos services, il paraîtrait plus judicieux
de créer une banque de données de toutes les victimes de guerre mosellanes -
militaires et civiles - depuis 1870 accessible au public via internet. L’initiative
des Stolpersteine qui pourrait être élargie à toutes ces victimes me paraît
plus interpellatrice qu’un nouveau monument qui ne servira que lors des
commémorations et cérémonies officielles. » |