Chronique

 

de la

 

Libération

 

Association pour la Conservation de la Mémoire

                                                                         de la Moselle en 1939-45

  

CHRONIQUES DE LA  2ème GM

  dans la vallée

de l'Orne

                                         

ESPACE MEMOIRE 

  7 rue du Docteur Viville  

 57300 HAGONDANGE

03.87.72.08.65

 

 

 

 

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 Mille six cents heures de siège devant Maizières lès Metz

 

Profitant d’un repli américain, les Allemands réoccupent Maizières-lès- Metz, le verrou nord de Metz va tenir pendant deux mois.

 

Le sept septembre 1944, trois chars américains de la 7th Armored Division atteignent Maizières les Metz. Profitant du repli de cette division blindée américaine sur Lunéville entre le 12 et le 17 septembre et de son remplacement par la 90° Division d’Infanterie, les cadets allemands du général Krause réinvestissent la ville. Ils installent leurs défenses avec mitrailleuses et mortiers, notamment sur les deux crassiers.

 

Ils sont appuyés par les feux nourris du Fort de Fèves . Les Américains y répondent avec batteries d’artillerie installées à Rombas et Amnéville. Le 15, Maizières subit son premier bombardement. Et à chaque fois que les Américains s’en approchent, c’est l’accrochage.

 

Le 25 septembre trois FFI de la Brigade Pizel sont tués dans les bois de l’Abbé.

 

Pilonnage par l’aviation Américaine

 

Aux premières heures du 3 octobre, des éléments de la 90° Division attaquent Maizières. A midi, le bois de l’Abbé est nettoyé et l’infanterie occupe le crassier au nord-ouest de la ville. Mais les tentatives  d’enlèvement de la ville  demeurent infructueuses.

Les Américains décident d’employer les grands moyens : un escadron de P17 de la 19th Tactical Air Command pilonne Maizières régulièrement à partir du 5 et ce jusqu’à la fin du mois.

Mais les Allemands combattent obstinément. Ils contre-attaquent pour reprendre le crassier.

Les Américains entrent alors dans le nord de la ville et dans l’usine le 7.

Les Allemands renforcent leurs défenses au sud. La ville est en pièces. Les combats de rues prennent la relève. Des petits groupes de soldats allemands sont placés dans plusieurs maisons de murs épais. Les nombreux murs de jardin obligent les Américains à prendre chaque maison, l’une après l’autre . le GQG de la 3° Armée décide de geler l’emploi des munitions à gros calibre. L’investissement de la ville maison par maison, se poursuit jusqu’au 18 octobre. Les Américains arrivent alors au centre ville, face à un obstacle solidement défendu :la mairie.

 

Combats au corps à corps dans la mairie.

Les combats se concentrent autour de la mairie. Du 19 au 23 octobre, une mitrailleuse de 155mm tire sans discontinuer sur les bâtiments de la mairie. Bien qu’une aile soit  démolie, les Allemands continuent à tenir la partie centrale. Le 24 octobre, la 90° D.I US se voit attribuer une grosse quantité de munitions pour réduire ce verrou nord devant Metz.

L'église de Maizières-lès-Metz après les combats de 1944

(Collection ASCOMEMO)

   L’attaque commence le 29 avec un tir incessant de l’artillerie. L’assaut est donné. Les Allemands commencent à se retirer dans la partie centrale de la ville. Aux premières heures du 30, les Américains terminent la prise de la mairie avec les derniers combats au corps à corps.

 

   Au total, l’équivalent d’un bataillon allemand est tué ou capturé. Les Américains perdent 55 hommes.

   Le 1er Novembre, le 357° RI de la 90° DI US se replie sur Mercy-le-Bas. Il est relevé par le 377° RI de la 95° DI US. Maizières-lès-Metz n'est pas complétement libérée. Les Allemands tiennent toujours le crassier sud et le château de Brieux.

 

  9 Novembre : prise du sud de Maizières les Metz.

 

La 95° DI US prépare l’offensive au nord de Metz. Les Allemands occupent toujours le crassier sud de Maizières et le château de Brieux. L’attaque est déclenchée le 8 novembre

 

Le 8 novembre, Amnéville et Rombas accueillent des habitants de  Mondelange, Hagondange, Talange et Uckange évacués par les Américains. A Rombas , on compte mille cent évacués ravitaillés par la croix rouge municipale. Las habitants sont logés dans les logements vides ou chez l’habitant. L’ancienne gendarmerie est mise à la disposition de l’administration de ces communes. Il est interdit aux civils de circuler dans les rues de Rombas même à pied. Les populations peuvent rentrer le 18 novembre. La 95° DI lance son attaque en traversant la Moselle vers Koenigsmacker et Uckange et en achevant la libération de Maizières.

 

Prise du crassier sud.

  Le 377° RI s’élance le 8 novembre vers le crassier sud. Après une ascension pénible dans la crasse où les soldats lourdement armés s’enfoncent sous le feu nourri des Allemands, dix hommes atteignent le sommet. Là , ils affrontent des Allemands retranchés. Après un violent combat, ils tiennent un mince espace attendant les renforts qui n’arrivent pas. A minuit, ils décrochent.

   Pendant ce temps, une section s’engage à la file indienne à travers les champs de mines jusqu’à la cité des Romains. A l’aube, ils attaquent le crassier avec succès. Contre-offensive Allemands. Tirs de mortiers Américains.

 

Les  ruines de la rue principale à Maizières-lès-Metz en novembre 1944 (Collection ASCOMEMO)

Les dix-huit hommes se replient. Le lendemain, après une préparation d’artillerie, plusieurs sections se frayent de nouveau un chemin sur les pentes du crassier, en rampant sous le feu croisé venant du cimetière de la cité. Au moins huit hommes sont tués. Nous n’avions rien vu de tel, raconte le sergent Albano. Ce n’était pas dans les manuels. Dès que nous avons atteint le sommet, la situation changea. Nous avons pu  arroser le village avec nos cinq mitrailleuses.

 

L ‘attaque du château de Brieux

 

En même temps que l’attaque du crassier, une compagnie s’élance vers le château de Brieux. Elle surprend un avant-poste allemand et tue les trois servants d’une mitrailleuse. Mais l’alerte est donnée, les Allemands ripostent : treize soldats américains sont tués. Les hommes continuent toutefois d’avancer. Les bombardements ont détruit les bâtiments mais pas les caves. Au moment où la compagnie s’approche du château , les mitrailleuses la clouent au sol. Seul l’appui des mortiers lui permet de se replier.

 

La deuxième attaque débute le lendemain à 15 h 45 soutenue par des tirs de mortiers plus soutenus. Une section force l’entrée du château et capture neuf hommes. La plupart des défenseurs du château réussissent à s’échapper grâce à un réseau de tranchées qui conduit vers les bois situés à l’arrière.

Le lendemain, 10 novembre, à 5 h, les Allemands déclenchent le barrage d’artillerie le plus violent de toute la bataille de Metz sur le château.

A 9 h , deux escouades allemandes tentent une contre-attaque par les tranchées. Elle est repoussée par les tirs  de mortiers installés dans la cour du château. Le soir, un renfort de cinquante hommes permet enfin d’organiser la défense du château.

 

Secteur ouest.

 

   Le 8 novembre, à 21h , une escouade du 377 RIUS s’empare de la ferme de Jailly et la brûle. Un vaste champ de mines s’étend de la ferme à la  route. Il faut le traverser. Les mines sautent : trois morts et douze blessés.

   Pendant ce temps, une section de douze hommes arrive à se frayer un chemin à travers les champs de mines jusqu’à une grange de Fercquaumoulin.

  Le lendemain, grâce à des renforts, la position est prise. Six Allemands sont trouvés morts dans le terrain entourant la ferme

  Une autre compagnie tente encore de s’emparer du Hannibois. Mais les tirs violents des Allemands arrêtent la tentative

Novembre 1944 entrée de Maizières-lès-Metz -

Sous  le panneau d'agglomération figure l'inscription :

THIS A FRENCH CITY OF LORRAINE WE WELCOME OUR AMERICAN LIBERATORS   (Collection ASCOMEMO)

 

  Nous étions aplatis sur le terrain mouillé pensant à ce qui allait se passer quand il ferait jour et que les Allemands nous voient. Nous raconte le soldat Volk. La compagnie passe ainsi toute la nuit terrée dans le champ. Quatre hommes sont tués.

Le lendemain, le bataillon s’élance de Fercquaumoulin et arrache le Hannibois. Trente-cinq Allemands sont tués dans leur trou. Le 15 novembre, Maizières est définitivement investie  par les Américains.

La ville est rasée à 80%.

  

 Les Américains marchent sur Metz depuis la vallée

 Traversant la Moselle du côté de Koenigsmacker, déverrouillant le front nord à Maizières les Metz, les Américains peuvent foncer sur la capitale mosellane.

 

Le 11 novembre 1944, l’harmonie de l’Union Lorraine de Moyeuvre est reconstituée par Charles Audrit. Elle fait sa première apparition à la réception du Préfet Rebourset. A Rombas, la victoire du 11 novembre 1918 est fêtée en présence du sous-préfet de Hayange.

Trente minute terribles

 

               Entrée des Américains à Moyeuvre-Grande    (Collection ASCOMEMO)

 

   Le 14 et 15 , des salves d’artillerie allemande atteignent Amnéville . Le 15, l’attaque pour investir Metz est engagée. Une compagnie s’élance vers la cité des Romains à Maizières les Metz. Les mitrailleuses allemandes crépitent : sept morts.

   La cité est prise à revers. Aidée de deux chars , les Américains peuvent traverser les champs de mines et surprennent les Allemands. Soixante-seize d’entre eux sont capturés. Une autre compagnie se dirige vers Woippy.

Elle est prise sous le feu violent des Allemands. Deux chars légers sont mis hors de combat lors de l’attaque du château de Trappes.

En une demi-heure, raconte le lieutenant Geiger, le terrain fut nettoyé mais ce furent trent minutes terribles. Mais la route n’est pas minée.

 

 

L’avance vers Woippy peut se faire rapidement. Le 19, Metz est investie par les 5° et 95° DI US accompagnées de FFI locaux.

 

Expulsé en Savoie, tué à Metz.

 

Le 22 novembre, Oreste Cisamolo, expulsé de Moyeuvre en Savoie en 1940 , participe aux combats de la libération de Metz avec le 30° Bataillon de Chasseurs portés.

Son groupe nettoie les bords de la Moselle entre l’hôpital Belle Isle et l’ile du Saulcy.

 C’est là qu’il fait sortir un groupe d’officiers allemands d’un bunker. Tous mettent leurs mains sur la tête quand brusquement l’un d’entre eux tire un pistolet de sa botte et abat Ciamolo. L’officier est à son tour tué à la mitraillette par le sergent Pawelski.

 

Metz est enfin libérés, deux mois et demi après Moyeuvre. Mais les forts ne sont toujours pas tombés. Le 10 décembre, trois membres du groupe de police de Rombas et une section Américaine capturent sept soldats allemands camouflés dans un trou dans la forêt de Beuvange.

 

Le 16, quatre autres allemands échappés des forts sont arrêtés alors qu’ils tentent de traverser l’Orne au pont de Clouange.

 

Prise jusqu’à présent sous les feux des Allemands installés dans les forts, la Vallée peut enfin respirer . Mais les difficultés qui se sont faites jours ne vont que croître avec le retour des expulsés, des déportés et des sympathisants allemands.

   

 

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